Actualité de la CNL31

Projet de loi agriculture et alimentation : la note est salée pour le consommateur

 

Pendant cinq mois, à l’occasion des Etats généraux de l’alimentation, les acteurs du secteur se sont réunis pour formuler des propositions ambitieuses. Pourtant, le projet de loi présenté hier se révèle tristement poussiéreux en proposant, une fois de plus, des mesures sur le dos des consommateurs.

L’ensemble des acteurs du monde de l’alimentation s’accorde à dire que  la réforme du secteur est inévitable. Alors qu’il ne permet plus aux agriculteurs de vivre décemment et que les scandales alimentaires se multiplient, il est grand temps de repenser notre modèle économique du secteur agricole et alimentaire. C’est bien dans cette optique qu’ont eu lieu les Etats généraux de l’alimentation. Et si les attentes étaient grandes, les propositions formulées ont été à la hauteur, aussi bien en ce qui concerne l’agriculture biologique que la sécurité alimentaire ou la mise en avant d’une agriculture écologique.

Des propositions ambitieuses qui n’ont apparemment pas leur place dans le projet de loi du gouvernement. Bien au contraire, le texte visant à équilibrer les relations entre agriculteurs, industriels et distributeurs fait la part belle aux intermédiaires de la grande distribution, au détriment, une fois n’est pas coutume, du consommateur.

En relevant le seuil de revente à perte de 10%, le gouvernement impose aux distributeurs d’appliquer une marge minimale de 10%. A travers cette obligation, il accorde donc aux acteurs de la grande distribution la possibilité d’augmenter leurs prix de vente de 10% ; un prix contre lequel le consommateur ne pourra rien. Affirmant que cet argent sera redirigé vers les agriculteurs, le gouvernement demande au consommateur de supporter la totalité de l’effort alors même qu’il n’y a aucune garantie prévue pour s’assurer que cet argent sera effectivement reversé aux agriculteurs.

Au-delà-même de l’injustice flagrante que représentent ces mesures, la manière d’agir du gouvernement pose également problème : elles seront prise par ordonnance dans les six mois après la publication de la loi pour une durée test de deux ans. C’est encore une fois un grave déni de démocratie auquel s’abaisse l’Etat.

Pour la CNL, la mondialisation du secteur de l’alimentation nous oblige à se tourner vers des solutions à taille humaine comme la promotion de circuits courts et l’aide au développement de coopératives. Les solutions envisagées ne doivent pas permettre l’enrichissement des géants de la distribution mais bien le rééquilibrage économique du secteur.