2016 : un siècle aux côtés des habitants

Dès le 19ème siècle, des mouvements de locataires émergent pour demander aux pouvoirs publics une réelle politique en faveur du logement des couches populaires, combattant l’insalubrité, le surpeuplement et les abus dans le parc locatif. Ce sont les racines de la Confédération Nationale du Logement.

Face à l’ampleur du phénomène, en 1912, la loi Bonnevay fait naître un premier service public du logement, avec la création des offices d’Habitations bon marché pouvant bénéficier de prêts de l’Etat à bas taux.

En 1916 naît l’Union fédérale des locataires qui devient l’Union Confédérale en 1919. A l’origine du vif mécontentement des ménages modestes, le manque de logement et les hausses des loyers. Les locataires s’organisent et interviennent également dans les grandes politiques urbaines. La CNL écrit alors un projet en faveur d’un service public du logement capable de répondre à la crise, au nom du « droit au logement ». La modernité était déjà au rendez-vous.

Après la Seconde guerre mondiale, un seul mot d’ordre : construire. Pénurie de logement, décolonisation, baby-boom : il y a urgence. Loi de 1948, Habitations à loyer modéré, plans de construction, des dispositions sont prises mais les mobilisations des militants perdurent. La CNL est alors la première organisation représentative des locataires dans le parc social, une position qui perdure encore aujourd’hui.

A partir de 1974, la France s’installe dans une crise économique profonde et durable. La charge logement augmente et les expulsions se poursuivent.  Depuis cette date, la CNL n’a jamais cessé d’œuvrer en faveur d’une politique sociale du logement ambitieuse, qui refuse les coupes successives de l’aide à la pierre et les freins à la construction sociale. Elle s’est également ouverte aux accédants à la propriété, souvent en proie à des difficultés tant dans la qualité des constructions que dans la gestion quotidienne de leur logement et assure aussi, depuis 1980, la défense des consommateurs.

Depuis les années 2000, la CNL se bat pour que les missions, la vocation et les fondements du logement social ne soient pas remis en cause, notamment par des lois comme la loi Boutin, pour n’en citer qu’une.

Elle continue d’agir dans les quartiers, au plus près des habitants. Ce centième anniversaire de la CNL en 2016, est l’occasion de mettre en valeur cette longue filiation avec les revendications et les aspirations des habitants, mais aussi de se tourner vers l’avenir pour de nouvelles conquêtes sociales.